A la suite de la guerre de 1870, l’annexion par l’Empire allemand de l’Alsace et de la Moselle prive la France de ses défenses élaborées depuis Louis XIV. L’ensemble du dispositif défensif français est à repenser; et vite ! Cette tâche sera menée à bien par le Général du Génie Raymond Séré de Rivières. Constatant le désavantage des nouvelles frontières et donc l’impossibilité d’arrêter l’ennemi sur celles-ci, il décide la mise en œuvre de « rideaux défensifs » destinés à favoriser la concentration et le mouvement des troupes. Appuyés à chaque extrémité par des camps retranchés puissamment fortifiés (Verdun, Toul, Epinal et Belfort), ces rideaux sont constitués d’un chapelet de forts d'arrêt interdisant le passage. Ils laissent libre deux grandes trouées (Charmes et Stenay) destinées à la manœuvre (offensives ou défensive) des troupes. Offrant appuis et débouchés à une offensive française ou canalisant une percée allemande, ce système est complété en profondeur par la réalisation d’immenses camps retranchés de seconde ligne (Besançon, Dijon et Langres). Ils interviennent en appui des rideaux en coordonnant une offensive ou un repli stratégique. Entrepris à partir de 1874, cet effort colossal sera pratiquement achevé en une dizaine d’années.