Un train pas comme les autres

Le matériel ferroviaire testé par l’armée en 1906 diffère nettement de celui généralement employé dans le civil. Dix-huit ans plus tôt, le ministre de la Guerre a validé l’utilisation de voies de 60 cm de large, contre 1 m en temps normal. Imaginé en particulier par l’ingénieur Paul Decauville – à qui il doit son nom -, ce système a pour intérêt d’être rapide à mettre en œuvre. Peu de soldats sont nécessaires pour établir les voies ferrées, dont l’étroitesse offre une grande stabilité au matériel roulant.

Préfabriquée – livrés en modules, ses rails et traverses sont solidaires -, la voie ferrée est utilisée par des locomotives à vapeur d’un poids de 10 t, conçues pour grimper des pentes jusqu’à 10 cm par mètre. Sa mise en place débute quinze jours avant le commencement effectif des manœuvres. La gare de Foulain joue le rôle d’interface avec d’un côté, le chemin de fer à voie normale, et de l’autre, celui à voie étroite. Une première équipe déblaie le passage de la voie sur une dizaine de centimètres de profondeur. La seconde le nivelle avant que les locomotives n’amènent les rails sur place, qu’il ne reste alors qu’à emboîter. Au total, le circuit ferroviaire mis en place depuis Foulain et via le parc d’artillerie de Villiers-sur-Suize devait permettre d’acheminer jusqu’à 900 t d’obus par jour vers la ligne de front. Ceci grâce à 50 trains, à comparer aux 2 500 voitures à deux chevaux qu’il aurait fallu mobiliser pour le même travail…








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